vendredi 7 octobre 2011

Cucurbitacées

La pastèque (d'une variété encore à déterminer) court sur tout le grillage, et voici, avec l'aide de Michel Salmeron (auteur de la photo) et de Bruno Blanchard (sur la photo), la récente récolte - si celle qui est bien verte et zébrée est sans conteste mûre, les autres ne le sont peut-être pas (la faute à notre méconnaissance de la plante en question)... mais il en reste encore beaucoup au grillage, si elles veulent bien grossir !
Je me demande si ce ne sont pas des pastèques à confitures - avis aux suggestions d'identification !

jeudi 15 septembre 2011

C'est la rentrée !

En ce début d'année scolaire, la nature a un peu repris ses droits sur le potager : les courges envahissent l'espace et promettent de belles récoltes, les tournesols se courbent sous le poids de leurs fleurs, dont certaines sont déjà sèches et les graines prêtes pour la récolte, le fenouil prépare lui aussi ses graines, et la roquette (bien forte cette année !) remonte, une nouvelle fois, en graines. Les orties qui servaient à protéger le sol s'y sont enracinées, et feront de bonnes soupes ou un bon purin (ce sera au choix !). Les melons d'eau (ou est-ce autre chose ? un genre de concombre en tout cas) ont embelli le grillage et déploient encore leurs fleurs. Le temps est encore au beau fixe et il serait temps de replanter le lin (il n'y a qu'à répandre les graines qui ont séché sur pied) pour qu'il égaie encore le jardin de ses délicates fleurs bleues cet automne.

Du côté des informations pratiques : si vous souhaitez adhérer au club (une seule condition, adhérer au BDE, dont nous dépendons), contactez-nous : julie.damaggioatens-lyon.fr et lan.liatens-lyon.fr. Restées seules après le départ d'Alexan (notre président des deux années précédentes, et l'auteur de la très grande majorité - presque tous, en fait - des posts de cette époque) vers des cieux plus philosophiques et néanmoins lycéens, nous recrutons des jardiniers et jardinières !
Vous pouvez aussi participer en nous donnant votre compost, si vous êtes à la résidence, ou si vous n'avez pas peur du ridicule et de vous promener avec un seau dans les rues de Lyon...

À bientôt au jardin !

dimanche 24 juillet 2011

Excellent été !

Il y a, comme l'on pouvait bien s'y attendre, beaucoup de monde qui trouve que cet été n'y ressemble pas tout à fait. Mais si l'on observe les choses avec distance, on peut se dire que ce temps est merveilleux. D'abord, souvenons-nous que nous avons déjà eu notre été au printemps. Ensuite, que les nappes étaient à 60% de leur niveau normal il y a deux mois. Ensuite, que les ruminants n'avaient plus rien à manger ; on entendrait bien d'autres plaintes si nous n'avions plus de ruminants à manger, à notre tour, faute de foin.

On n'est donc pas mécontent de cette pluie presque quotidienne, souvent assortie d'un soleil délicat. Un des tournesols a déployé sa fleur. Les tomates mûrissent bien malgré tout. Nous n'avons jamais eu autant de fraises. La menthe pousse sans compter. Et nous avons plein de plantes qui s'apprêtent à nous donner les semences pour l'an prochain : salades diverses, blettes, persil...Les haricots pourront bientôt être cueillis.
On a commencé d'étendre un peu de compost, qui est composé d'un bonne part de bois, en provenance de litière de chat. Le résultat est vraiment très satisfaisant. Cela fait un bon terreau, un peu acide, à cause de la composition des litières, qui sont issues de résineux, mais la terre du jardin est assez basique, avec un ph autour de 6. Dans le sol, il faut nourrir deux populations différentes : les vers et les champignons. Les premiers mangent essentiellement les constituants des feuilles, la cellulose, mais à vrai dire ils sont voraces, et le compost en est très riche. Les champignons décomposent la lignine, composant du bois, et recyclent les déchets produits par les vers. On suppose que c'est à la composition de notre compost que nous devons sa bonne fertilité, puisqu'il s'y trouve du bois, des épluchures diverses, et des couches d'herbe (merci aux jardiniers qui nous font profiter de la tonte, mais aussi de ce que produisent les moutons). 
Le résultat, ce sont beaucoup de tomates, des plans qui continuent de courir, et des fleurs qui éclosent un peu partout. Le compost est bien équilibré : trop d'azote donnerait trop de feuilles, et pas assez de fleurs. Avec le purin de consoude qu'on fabrique (merci aux jardiniers qui nous ont donné leur consoude), on apporte du potassium en quantité. 
Enfin, juste à l'instant, on a paillé tout cela avec une bonne couche d'orties, qui évitent notamment que les tomates qui font ployer les branches ne pourrissent au contact immédiat de la terre. Ce qui fait beaucoup de choses entassé au pied des plantes, mais ça vaut le coup ; ça garde notamment une humidité dont on ne manque pour l'instant pas, mais, malheureusement, le soleil de plomb finira bien par revenir.

L'été, pas de vacances pour les plantes.

jeudi 14 juillet 2011

Vers le soleil

Un tournesol gigantesque monte et monte dans notre jardin ; a vue d'oeil, attribuons-lui 2m20. Pour ne rien gâter, le voici qui a décidé qu'une fleur ne lui suffirait pas. Il collectionne donc les boutons sur sa tige.
A gauche, en arrière plan. Son cadet fait ce qu'il peut pour l'attraper, mais en vain. Et sur le grillage, à droite, d'étranges concombres se développent.

dimanche 29 mai 2011

La prolétarisation de l'expérience de la nature

Changeons provisoirement notre formule de rédaction ; le contingent inexistant de lecteurs minimisera à l'extrême les effets de cette révolution provisoire. Cette modification est appelée par un besoin, ou des exigences, de réflexion ; parler de ce qu'on cultive n'intéresse que nous. Parlons un peu nature, ou Nature, ou, encore autrement, de ce qui pullule sous le terme d'écologie.
Dans l'émission Terre à terre du 14 Mars 2011, au cours d'un entretien avec des membres du collectif Faut pas pucer, un éleveur a énoncé une idée profonde. Selon lui, la traçabilité représente une des ces manières qui nous sont proposées de retrouver une forme de contrôle sur des vies qui, généralement, sont de plus en plus soustraites à ceux qui les vivent. On trouve dans la possibilité de choisir ou de savoir comment l'on  s'approvisionne, le résidu de quelque chose comme la possibilité de décider de ce que l'on est, ou, plus précisément, d'entretenir avec le monde un rapport de proximité. Bien sûr, toute l'antourloupe consiste en ceci que l'intégralité des moyens et des formes de cette décision nous est imposée. On veut bien que l'on puisse choisir, mais à condition que l'on ait décidé au préalable de ce dont on pouvait choisir, de faire, de dire, de manger, ou bien d'être. C'est là un des ressorts profonds de la modification de l'existence, le fait que nous ne soyons plus en mesure de décider de "nous réaliser", comme on nous y invite, qu'en passant par les objectifs que l'on nous propose, et qui sont pour ceux-là même qui nous les présentent, le moyen de leur fin.
C'est ce que l'on peut appeler une prolétarisation de l'existence ; nous parlerons ensuite de la prolétarisation de l'expérience. Être prolétaire ne veut pas forcément dire être pauvre. C'est celui qui dépend, pour sa subsistance, de ceux qui possèdent les moyens de la produire. C'est celui qui ne peut que passer par un moyen existant pour faire valoir ceux qu'il possède, pour pouvoir produire ses propres moyens de subsistance. Et, pour nous situer du côté du capitaliste, disons que c'est celui qui peut introduire entre tout processus d'accomplissement une condition, qui rend cet accomplissement indissociable de la réalisation des fins qu'il se propose lui-même. Très simplement : le prolétaire veut vivre, le capitaliste fait en sorte que cela lui soit impossible sans entrer dans le processus d'accroissement du capital. Ce schéma nous semble pouvoir s'appliquer ailleurs : l'individu veut une identité, l'industriel fait en sorte que la réalisation de cette identité soit indissociable du fait de s'habiller avec une certaine marque, ou de manger tel biscuit ou de boire tel café, et donc de consommer le produit qui permet à l'industriel de prospérer.
Or, que se passe-t-il avec la notion d'expérience ? Il se passe que, de plus en plus, il semble que l'on veuille nous faire croire qu'il n'est possible d'avoir d'expérience que parce que des industriels généreux ont décidé de nous la procurer. Des biscuits, des parfums, des gels douches, du café, etc.. Et, venons-en à notre sujet. Disons que c'est la situation dans laquelle nous sommes vis-à-vis de la nature. Il faudrait peut-être se demander pourquoi l'on trouve si bien d'être écologique, alors que nous sommes de plus en plus nombreux à ne plus avoir de rapport à notre écoumène que par le biais des sympathiques aménagements collectifs de verdure qui encadrent notre quotidien. Ce qui arrive aujourd'hui, c'est que de plus en plus de monde semble vouloir se rapprocher de la nature ; ne doutons pas que tout un tas d'ambitieux a déjà tenté de rendre la satisfaction de ce désir indissociable de la réalisation de ses propres fins.
Peut-être est-il bon que tout un chacun ne se laisse pas berner par l'évidence des discours que l'on veut lui présenter. A ce stade particulièrement problématique du conditionnement du comportement, il convient d'être le plus prudent possible sur le sens des concepts qui nous sont proposés, car ces concepts sont des attitudes, dont on est spontanément persuadées qu'elles devraient nous permettre de retrouver un accord avec nous-mêmes, parce qu'on serait plus en accord avec la nature.Mais qui peut nous garantir que nous sommes en accord avec la nature, alors que l'expérience de la nature, nous sommes de moins en moins nombreux à la faire ou à l'avoir ?
On est en train tout doucement de se laisser à la fois diagnostiquer, et prescrire le remède, pour répondre à des symptômes que nous comprenons à peine. Peut-être tout le monde devrait commencer à chercher à savoir un instant s'il ne peut pas être son propre médecin : savoir ce qui ne va pas dans sa propre attitude, la manière dont on vit, et qu'il faudrait changer. Ce n'est pas une chose qu'il faut se laisser dire. La situation objective est catastrophique, mais nous ne devons pas nous laisser dire ce qu'il convient de faire pour aller mieux ; il y a grand chose que le soignant soit intéressé aux remèdes.
Nous ne savons plus exactement comment agir. La langue, celle qui se forge actuellement, a vocation à nous convaincre sans doute possible que nous sommes en train de reconsidérer notre rapport à la nature, et d'une manière positive. Les concepts poussent, justement, comme dans un printemps torride : développement (durable), éco-citoyen, économie d'énergie, bilan carbone, consommation responsable, etc..
La langue s'automatise ; elle devient le langage qui, par opposition à la langue, pense tout seul. Les mots servent à nous procurer la pensée dont nous prive la déperdition constante de l'expérience, déperdition qui ne touche pas seulement la nature, mais bien d'autres choses. On peut dire que, d'une certaine façon, le besoin de se réunir régulièrement à notre jardin constitue une manière de renouer avec une certaine expérience, celle que précisément on essaie de nous faire passer à travers les mots. Mais la préoccupation qui doit être aussi la notre, est celle de savoir si nous ne devons pas, par la pratique, faire retour sur le type de pensée qui est spontanément associé à cette activité par le langage, et modifier cette pensée. Est-ce qu'en faisant du jardin, nous avons réellement envie de mettre en oeuvre ce que nous promet ce monde toujours plus préoccupé par l'environnement ? Soyons un peu dialectique,et transformons par la pratique le concept qui nous y avait conduit.
Là où l'expérience fait défaut, il est très facile de la conditionner par la parole : et il est possible de dire que l'on assiste assez continuellement à une prolétarisation de l'expérience, c'est-à-dire à une substitution de ses moyens pour les remplacer par des produits.
Bref, ce qui justifierait une telle analyse, c'est la croissance constante des produits qui se vendent sous le titre de cette promesse : expérience. Un macaron, un baladeur, une télévision, un film, se vendent comme des expériences. L'occasion de l'expérience concrète du jardinage doit constituer pour nous une manière de faire retour sur les déterminations qui ont d'abord pesé sur nous. On essaie de chercher une autre raison d'aimer ce que nous faisons, que celle qui nous avait déjà été donnée, que celle sous laquelle on essaie généralement de nous vendre le produit jardin. Mais à qui est-ce que cette possibilité est encore laissée ? 
Voilà, nous voulions simplement présenter le problème que constitue le fait qu'il est aujourd'hui possible de faire croire que l'on se rapproche de la nature par ses achats. Mais le leurre ne tardera pas à apparaître comme tel, et la déception s'ensuivra. Et pour l'instant, nous essayons de comprendre quelque peu ce que cela signifie que l'expérience de la nature.

jeudi 26 mai 2011

Déjà au mois d'aout

On n'apprendra à personne qu'il fait chaud, puisque la France n'est nulle part épargnée. On en voit le signe à la recrudescence des festivités ; les gens sortent de plus en plus. Ce qui a conduit la municipalité, avec de jolies affiches, à exhorter ses sujets à veiller à la tranquillité des nuits. "Faire la fête sans faire trinquer les voisins", est approximativement le message de cette entreprise d'éducation populaire.  Et demain, que devra-t-on rappeler à la population, de si élémentaire, que l'on ait besoin d'affiches de cinq mètres sur trois ? "Eteindre son moteur quand on ne roule pas", par exemple, puisque c'est une pratique courante. Ne pas sortir en sous-vêtements (on n'en est pas loin). Rappeler aux cyclistes que le vélo implique un choix, c'est-à-dire de ne pas se prendre tantôt pour un piéton (véloce), tantôt pour une moto, tantôt pour une voiture, mais bien de se conformer à une règle unique, et non pas au bazard général. Ne pas prendre sa voiture pour aller acheter son pain. Et ainsi de suite.

Une fois parvenus à une telle situation, il n'est plus difficile d'envisager de faire la révolution tous les jours, puisque ce monde marche déjà sur la tête.

Revenons à notre jardin. Il obéit, lui, à une loi fort simple : quand on n'agrandit pas l'espace, pour accueillir plus de monde, on augmente la densité. Nous faisons donc dans la densité, plus proche de la démographie indienne que française. C'est peut-être que nous nous décentrons fortement, et nous faisons dans la culture exotique, puisqu'il y a même à présent un ananas, en plus des autres plantes d'asie orientale, et même du sud-ouest. On pourra nous qualifier d'hérétiques, pour avoir choisi de planter ces végétaux habitués à la mousson dans une contrée aux moyennes de précipitations plus modestes. 
Ce dont on doit conclure que même les donneurs de leçon ne sont pas à l'abri de leurs propres sarcasmes, puisqu'il eût été plus raisonnable de se prêter aux limites du terroir, quoiqu'il soit de toute façon difficile de trouver un végétal qui s'accomoderait sans troubles d'une moyenne bi-mensuelle de 2mm ; mais de là à aller planter des pastèques !
Encore un peu d'effort pour atteindre à la cohérence, mais en attendant, notre petit jardin est bien joli. Cette année, nous en profitons davantage. De petites salades, qui sont quand même d'une taille respectable pour des végétaux à qui l'on n'a rien donner à manger de plus que ce qu'ils peuvent déjà trouver dans le sol ; des fraises très substantielles ; des blettes pas encore bien grosses ; des haricots nains aux formes inhabituellement élégantes ; de la menthe glacialement fraiche ; des plans de tomates pleins de fleurs ; des courgettes, des piments, des concombres, tout cela en attente de fleurir. C'est bien beau, et bien bon.